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Les aventures de Tonček en Slovénie – Partie 3

Après m’être roulé dans la boue comme un sanglier slovène dans les montagnes de Pohorje j’attaque enfin les Alpes juliennes, synonyme je l’espère de soleil et de routes sèches…  Parce que se tartiner de gadoue c’est marrant 5 minutes mais je suis pas une bête bordel !

L’orage de la veille fut dantesque, du genre à préférer voyager en voiture, mais heureusement la météo m’offre une petite accalmie et me permet d’espérer un ciel meilleur vers l’ouest. Sur ma route en direction de Ljubljana, la capitale, j’ai une multitude d’option pour traverser le massif… Bien sûr par la route, mais des slovènes m’ont aussi conseillé une petite piste sur la Menina Planina qui est moins connue et fameuse que celle de Velika Planina mais elle est autorisée à la circulation. Et puis le fait qu’elle soit moins touristique promet aussi une plus grande authenticité…

C’est dans une forêt dense, comme il y en beaucoup en Slovénie, que j’attaque l’ascension… La tête dans les nuages.

 

 

 

 

Difficile de faire plus zen que les pâturages au sommet, quelques troupeaux, la vue sur les Alpes, pas un bruit… Ça donne des frissons ! Je roule au ralenti, pour ne pas déranger la quiétude des lieux…

 

 

 

 

L’arrivée à Ljubljana est un peu raide, après la tranquillité des montagnes je dois me ré-habituer aux codes urbains. Rocades, centres commerciaux, Mac Donald’s… Très peu pour moi !  Il n’y aura pas de visite de la ville, il me faut de la verdure et du calme ! Cap sur l’ouest et le village d’Idrija avec un azimut brutal à travers les bois. Tantôt sur goudron, parfois sur terre, je me fraie un chemin au hasard entre les fermes et les pâturages… Je serai bien incapable d’expliquer par où je suis passé mais je crois qu’un voyage ne peut pas être réussi sans une part d’errance !

J’atteins enfin Idrijska Bela et ses eaux cristallines. Je ne sais pas comment se débrouillent les slovènes mais il n’y a pas d’eaux plus claires que chez eux ! Chaque ruisseau mériterait sa séance photo, ce qui rend la progression parfois difficile…

 

 

 

 

Même avec d’aussi beaux paysages ma journée ne pourrait pas être réussi sans que je ne me perde, je crois que j’ai besoin de ces moments où ma carte et moi ne nous comprenons plus… Et où je finis par tracer bille en tête, au hasard, en jouant les intersections aux dés ! Une fois à gauche, une fois à droite, cela permet d’éviter de tourner en rond et (de temps en temps) demander son chemin à un forestier… Je crois que je commence à être bon pour un type qui ne suit aucune logique d’itinéraire car je ne me perds jamais réellement ! La bonne étoile peut-être, ou la chance des débutants je sais plus bien…

 

 

 

 

L’arrivée à Most na Soči (le pont sur la Soča) clôt la journée de la plus belle des manières. Je ne pense pas que je pourrais trouver mieux pour camper que les bords du lac !

 

 

 

Tolmin marque l’entrée dans le parc national du Triglav, l’attraction motarde majeure du pays. J’avoue ne pas avoir croisé beaucoup de monde dans mes bourbiers de l’Est… Et cela me fait bizarre de voir tous ces groupes de « bikers » se jeter à l’assaut des cols ! Il va falloir se réhabituer à la foule…

Mais comme je ne veux rien faire comme les autres je me trouve vite un petit chemin de traverse, pour arriver au même endroit qu’eux mais avec deux heures de détours (il est malin l’aventurier…) ! Une piste somptueuse, avec des paysages à faire passer le Tyrol pour une région fadasse, mais le plan était trop beau et trop propre. Forcément nous ne sommes qu’en mai et à cette période dans les Alpes il y a de la neige… Plein les chemins ! Malheureusement mon itinéraire ne mène nulle part, mais ça valait quand même le coup d’œil !

 

 

 

 

Bon, par la route c’est pas dégueulasse non plus… Je vais pas faire ma fine bouche !

 

 

 

 

J’arrive (enfin) au bord du lac de Bohinj, moins jolie que celui de Bled mais aussi moins touristique et donc plus… Authentique. Bon il ne faut pas s’attendre à un endroit désert non plus, il y a des dizaines de restaurants, des hôtels, des motards partout… Si on cherche du calme ici c’est foiré !

Mais pour ceux qui ont le temps d’explorer un peu il y a une petite marche (45 minutes) à faire à l’extrémité Est du lac, pour admirer la cascade Savica… Et ça vaut le coup d’œil !

 

 

 

 

Le lac de Bled mérite aussi d’être vu, il s’agit tout de même d’une image emblématique du pays, mais j’ai toujours trouvé les lieux surfaits… Et un peu trop friqués à mon goût. Faire le tour du lac et prendre quelques clichés, OK, mais je ne vois pas l’intérêt d’y rester des heures… Il y a tellement mieux à faire dans les alentours !

 

 

 

 

Du genre se paumer dans les bois, quand à force ne rouler n’importe où on fini par aller nulle part !

Pas de chance pour moi, le parc national du Triglav (malgré sa protection) recèle de nombreuses pistes forestières à explorer mais malheureusement j’arrive trop tôt dans le printemps, les dégâts de l’hiver sont encore bien visibles ! Congères, arbres couchés… Quand la Nature te dit que tu n’iras pas plus loin…

 

 

 

 

Alors je me rabat sur la route du mur du Triglav, au sud de Mojstrana, pour m’enfoncer un peu plus dans la forêt et profiter des eaux claires de la Bistrica.

 

 

 

 

C’est sur cette route que l’on trouve une des cascades les plus surprenantes de Slovénie, Slap Peričnik, un arrêt selon moi obligatoire pour celui qui voyage ici mais qui n’est quasiment indiqué nulle part ! L’eau jaillit de la falaise comme pressurisée avant de « frapper » (la traduction de Peričnik) la roche 56m plus bas. Un sentier permet d’en faire le tour, et même d’aller voir une deuxième cascade (moins impressionnante) un peu plus haut. Un spot immanquable !

 

 

 

 

 

C’est au dessus du village de Mojstrana que j’ai trouvé, par hasard, une piste forestière des plus romantique. Un itinéraire à travers la forês dévoilant des champs de narcisses en fleurs, pour s’éloigner des parcours à motards qui sentent la sueur et la brutalité… Un peu de poésie ne fait pas de mal, même aux baroudeurs !

 

 

 

 

Mais on ne peut pas parler du Triglav sans évoquer le col de Vršič, le plus haut du pays et que tout motard qui se respecte doit avoir fait au moins une fois dans sa vie !

Il est aussi appelé la Ruska Cesta car construit par des prisonniers russes pendant la première Guerre Mondiale dans un environnement des plus hostile, une chapelle orthodoxe rappelle d’ailleurs leur sacrifice.

Les épingles pavées de la face nord n’invite pas forcément à l' »arsouile », et c’est tant mieux car il vaut mieux se concentrer sur les paysages que sur le sport mécanique !

 

 

 

 

La partie sud réserve une belle surprise aux voyageurs: les eaux émeraude de la Soča, plus belle rivière du pays. La couleur et la clarté de l’eau laisse sans voix, et il est difficile de faire plus de 100 m sans avoir envie de s’arrêter de prendre une photo ! La progression est forcément lente, chaque rochers, chaque virages méritent leur clichés… Difficile d’imaginer que la région fût le théâtre de batailles parmi les plus meurtrières de la Grande Guerre, les lieux paraissent si paisibles aujourd’hui…

Si il fallait toujours finir un voyage en beauté, je crois qu’un road-trip en Slovénie se doit de s’achever aux sources de la Soča… La frontière italienne est toute proche, c’est un pincement au cœur mais je crois qu’il faut bien regretter la fin d’une aventure pour mieux repartir !

 

 

Une réflexion au sujet de « Les aventures de Tonček en Slovénie – Partie 3 »

  1. Tamasheq dit :

    Merci pour le récit.

    On a traversé la Slovénie en revenant de Croatie et avant les Dolomites et on a décidé d’y retourner pour mieux voir et ce CR ne fait que renforcer cette décision. Bon ce ne sera pas pour cette année …

    Répondre

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