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Géorgie On My Mind – 4 – Bienvenue chez les Troglodytes

Aujourd’hui je dois quitter le massif du Grand Caucase pour des sommets plus modestes, aux frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, mais avant cela il faut affronter une dernière épreuve… Après avoir évité de tomber sur les pistes, de me faire écraser par des chauffards géorgiens ivres morts… J’avais presque oublié que le plus dangereux en montagne s’était le froid !

 

Camper dans les environs de Kazbegi (au village de Sno plus exactement) semblait être une excellente idée, j’avais trouvé un terrain de foot en friche avec vue sur la montagne… Un bivouac parfait pour bien récupérer et se préparer pour d’autres aventures… J’oubliais que j’étais à presque 2000 m d’altitude et qu’ici il n’y a pas vraiment de saison…  Ce fût la pire nuit de tout le voyage, avec un froid glacial qui m’a empêché de dormir et pourtant je suis équipé ! Duvet -2°c confort, sous-duvet, matelas isolant… Transis de froid j’ai fini tout habillé, en polaire, bonnet, dans mon sac de couchage avec mes vêtements de moto étalés par-dessus… Rien n’y a fait, je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit ! Il m’est impossible de connaitre la température, mais au réveil la tente n’est qu’un bloc de glace !

Je n’ai donc pas fait de vieux os à Sno, j’ai vite filé à Kazbegi pour me réfugier dans un bar et enchaîner les cafés jusqu’à sentir à nouveau le bout de mes orteils… Aujourd’hui je n’ai pas d’objectif précis, je dois juste refaire toute la route militaire pour quitter le Grand Caucase et rejoindre les plaines à l’est de Tbilissi, la capitale.

Retour donc à Ananuri, la citadelle fortifiée, pour une pause resto luxueuse avec un repas à 3€50… A ce prix là je ne vois pas bien l’intérêt de pique-niquer sur le bord de la route, et respirer les pots d’échappement avec un mauvais sandwich… Il vaut mieux se caler en terrasse avec une bonne Katchapouri qui tient au corps, et profiter du soleil !

J’essaye de trouver l’embranchement pour Tianeti mais ce n’est pas chose aisée… Il n’y a pas de panneaux pour indiquer la direction, pourtant sur ma carte cela semble être une route importante ! Un type m’accoste, il parle un peu français et cherche à comprendre où je vais. En fait ce que je pense être une belle nationale n’est qu’une piste à l’état incertain, que personne n’emprunte au point qu’il doute même qu’elle puisse mener quelque part ! Selon lui je devrais même rebrousser chemin et faire (comme tout le monde) un détour par Tbilissi… Mais je ne suis pas venu pour faire demi-tour à la première difficulté, on verra bien si cette route mène à Tianeti !

La première partie est plutôt moche, très sèche et poussiéreuse, avec de nombreux travaux de terrassements… Bref, pas une expérience transcendante. Mais après Tianeti, et un rapide passage sur le bitume, c’est le bonheur ! Une sublime piste qui s’égare dans la montagne, dans de belles forêts qui me rappellent mes Cévennes… Lors d’une pause photo un troupeau vient me rejoindre, surement attiré par l’objectif…

 

 

J’essaie de discuter avec le berger mais c’est très compliqué, il ne parle pas un mot d’anglais et semble trop timide pour se lancer dans un concours de mime avec moi. Je le laisse donc tranquille, après tout il y en a qui bosse !

La piste est un régal pour les motards, roulante mais pas trop, suffisamment pour pouvoir apprécier le paysage sur un bon rythme… Et avec un soupçon de technicité pour que le pilotage reste un plaisir ! Le « kif » est total et j’en oublie même de prendre des photos !

Une fois à Akhmeta, je trouve un petit étang qui me semble être l’endroit idéal pour bivouaquer. Je vais donc à la rencontre d’un pécheur pour lui demander si je peux planter ma tente… Et voila qu’il me propose de dormir dans sa cabane de pêche ! L’hospitalité géorgienne dans toute sa splendeur, spontanée, sincère… Je te connais depuis 2 minutes mais je te prête mon bungalow sans problème ! Malheureusement à l’intérieur c’est un peu glauque, et je préfère refuser poliment. Je planterai ma toile de tente de l’autre côté de l’étang, à l’ombre des arbres fruitiers.

Pour une fois je n’aurai pas froid, et vu la fatigue accumulée entre les étapes de tout-terrain et la dernière nuit blanche… Je vais dormir comme un bébé !

 

 

Après un repos (enfin) mérité, je reprends ma route vers l’est et la ville de Guurjani. C’est assez monotone et plat, mais pas désagréable… La région est moins vallonnée, très agricole et les vergers et les champs défilent sur mon passage… Un paysage parfait pour rêvasser en moto ! Une fois arrivé à destination j’en profite pour faire ma pause resto la moins chère du voyage: 1€30 le repas complet ! Et pour ce prix ils arrivent même à faire quelque chose de bon et de copieux, ils sont forts ces géorgiens…

Puis un panneau m’indique la direction du monastère de David Gareja, un objectif important de mon parcours. Je quitte la route principal et le décor change d’un coup… Me voilà au milieu d’une steppe aride qui s’étend à perte de vue. Juste avant tout était vert et maintenant me voilà en plein désert !

 

 

Fini les températures glaciales du Grand Caucase, et je les envierais presque… Car il doit bien faire 35°c sur cette piste et mon équipement me fais suer à grosses gouttes ! La chaleur est écrasante donc je limite les efforts au maximum, moins de pauses photos, je roule plus souple… Au loin un village apparaît, comme un mirage, au milieu de rien… Il n’y a que quelques maison et un bar qui contraste dans ce décor austère: l’Oasis Club. Une sorte de bar fondé par des hippies avec des matériaux de récup’, un truc de hipsters presque trop classe pour l’endroit ! Le patron me propose une citronnade maison pour me rafraîchir, un peu de douceur dans ce monde de brute…

 

 

 

La piste me conduit enfin à David Gareja, un monastère semi-troglodyte du 6ième siècle. Je le pensais plus grand que ça mais les lieux en imposent de part leur architecture. C’est très calme, tellement relaxant que j’en oublie la moto… Face à moi s’étend la frontière avec l’Azerbaïdjan, je fixe ce panorama immense et je me sens tout petit… Et tellement loin de chez moi, j’ai du mal à réaliser que j’ai fait tout ce chemin avec ma moto !

 

 

 

 

Je dois maintenant rejoindre Rustavi à travers ce plateau désertique et face à moi s’étend une multitude de pistes sans aucun panneaux… Je n’ai pas de GPS, ma carte ne m’indique plus rien… La seule chose que je sais c’est que je dois aller vers l’ouest, vers le soleil couchant, et basta… Je crois que c’est ça la liberté du voyage moto, ne pas avoir tout planifié sur une trace GPS, rouler à l’instinct, prendre ce qui vient et apprécier chaque mètres de la piste… Quand on prend autant de plaisir à rouler on est jamais perdu, on fait uniquement des détours… Nuance !

 

 

 

Un grand moment de ce voyage, plus ou moins perdu dans le désert mais avec la certitude d’arriver quelque part… Où je ne sais pas mais j’y arriverai ! Et finalement je ne me perdrai même pas, en m’orientant avec le soleil j’arriverai comme prévu à Rustavi.

Pour moi c’est un choc d’arriver cette grande ville,  j’aimais le calme du désert… Me voilà plongé dans le tumulte urbain, les bouchons, le bruit… Même la banlieue est agitée et cela me passe l’envie de bivouaquer ce soir. En même temps je suis tellement sale, une douche ne me ferai pas de mal… Un motel de routier, sur une aire de repos, fera l’affaire pour la nuit. Ok il y a plus glamour, plus typique et authentique… Mais j’ai de l’eau chaude, du wifi et un lit douillet pour 18€ alors entre ça et camper dans une zone industrielle mon choix est vite fait !

La suite de mon périple m’amène jusqu’au porte de Tbilissi, la capitale géorgienne. Rouler dans cette immense métropole ne me tente pas trop, je suis un peu agoraphobe en moto et le trafic est complètement dingue… Ça se croise dans tous les sens, ça klaxonne, il ne semble même pas y avoir de file… Et pour couronner le tout je roule sans assurance ! Donc c’est décidé je n’irai pas visiter le centre-ville, tout cela m’a coupé l’envie des plaisirs citadins. A la place je pars dans la direction de Tsalka, où je change radicalement d’atmosphère… Fini le béton et le vacarme, place à la nature et au calme !

Cette route est un pur bonheur, très sinueuses et avec un paysage qui change constamment… D’abord de profondes forêts, puis des plateaux pelés bordés de lacs, de rivières… On dirait les Grands Causses !! Le spectacle est tel que je ne vois pas les kilomètres défiler. Le temps semble s’être arrêté dans les villages traversés, je roule au ralenti pour profiter du moment… Rien ne presse, c’est les vacances…

 

 

 

Une fois à Ninotsminda (frontière arménienne) je prends la direction de Vardzia, un ensemble de monastères troglodytes très connu et une des principales destinations touristiques du pays. C’est bien entendu un objectif primordial de mon voyage, sur mon chemin tout le monde me dit que c’est impressionnant à voir ! Mais avant d’y arriver je roule dans les gorges de Paravani, une petite route viroleuse qui attire les (très) rares motards du pays… Ça fait du bien de croiser quelques bécanes ! J’aperçois la citadelle de Khertvisi mais je ne m’y arrête pas, on fera ça demain… En plus avec tout ces virages je n’ai pas tellement envie de faire une pause !

 

 

Vardzia est un site culturel et historique de première importance en Géorgie, un ensemble monastique troglodyte du XII° siècle dont les chiffres impressionnent: 3000 grottes à flanc de falaises sur 500 mètres de long et sur 19 niveaux… A son apogée il accueillait jusqu’à 5000 personnes ! Toutes les « chambres » sont reliées entres elles par un réseau de tunnels complexe, dans lesquels on ne tient généralement pas debout… La visite n’est donc pas conseillée aux claustrophobes !

Visiter en tenue de motard cosmonaute n’est pas une mince affaire, l’accès au premier niveau avec mes bottes de « ski » me fait suer à grosses gouttes mais je ne regrette pas l’effort. Même si les grottes ne sont pas très impressionnante, car très simple, sans déco ni fioritures, on est forcément époustouflé par le travail réalisé. J’imagine ce qu’ont dû endurer ces pèlerins pour creuser cette falaise, sans outils modernes, et arriver à un tel résultat … La vie devait être terriblement dure et austère à cette époque, il fallait vraiment avoir la foi pour supporter ça…

On peut visiter la chapelle principale, mais sans prendre de photos. En même temps il n’y a rien à voir, le culte orthodoxe géorgien est avare en dorures et autres vitraux, dans cette pièce il n’y a rien hormis des représentations du Christ… Tout est sombre, lugubre

 

 

 

Comme l’endroit est très touristique il est difficile d’éviter les hôtels et autre guest-house pour dormir à proximité, mais le motard français est plein de ressources quand il s’agit de ne pas payer… Au lieu de sortir le portefeuille je vais dénicher un coin de bivouac absolument sublime, au bord de la rivière qui longe les grottes… Et tout ça à l’abri des regards indiscrets ! Mais ce spot de rêve se mérite, la piste qui y mène est un pierrier très pentu dans lequel je me lance sans réfléchir et où, comme souvent dans ces moments là, je vais me vautrer misérablement… Bon rien de grave, c’est pas comme si ça m’arrivait tous les deux jours sur ce roadtrip… Mais il faudrait peut-être que j’apprenne à ne pas toujours foncer tête baissée, un jour je vais avoir des problèmes !

Une fois au bord de l’eau c’est le paradis, un coin d’herbe plat, le coucher de soleil sur les grottes et la falaise, une rivière rien que pour moi pour prendre ma douche… Le pied !

 

 

 

Avant de quitter Vardzia définitivement, j’ai voulu explorer un autre monastère à l’écart de la route… La piste qui y mène à l’air sympa et ça me mettra en jambe pour la journée… Je ne savais pas encore à quel point cette idée était stupide

En fait la piste est un enfer, technique avec beaucoup de pierres et un dénivelé positif très important… Seul et chargé, n’importe qui de censé aurait fait demi-tour… Mais comme je suis débile je n’ai pas voulu renoncer, jusqu’à chuter et ne plus arriver à repartir ! Quel âne… La moto est maintenant coincée dans les pierres, impossible d’avancer et même de reculer… Il n’y a personne à l’horizon pour m’aider, alors je fais quoi maintenant ?! Plus loin le terrain est encore pire, donc je n’y arriverai probablement pas, la moto va devoir faire demi-tour mais ça ne va pas être simple… Je relève la moto et dépense une énergie folle pour la faire reculer d’un mètre, et tourner semble absolument impossible… Sauf si je tente une autre approche, je laisse la moto tomber de l’autre côté et commence à la trainer par terre et la tirant par la roue avant… Et ça marche ! En appui sur le pare-carter et la valise, la moto se met à pivoter et finalement sans trop d’effort elle se retrouve dans le sens de la descente ! Il ne reste « plus qu’à » la relever, à remonter dessus en faisant un numéro d’équilibriste et de redescendre cet enfer et rebondissant sur tous les cailloux…

Il est à peine 10h et les chiffres sont affligeants: 1 kilomètre parcouru, 1 chute, 30 minutes pour faire demi-tour et 10l d’eau perdu dans l’effort ! C’est une leçon pour la fin de ce voyage, ne plus jamais se lancer tête baissée dans une piste qui n’est pas prévue au programme

Pour calmer mes nerfs je visite la citadelle fortifiée de Khertvisi, une citée du 14° siècle après JC (Johnny Cash je suppose…) qui aurait été détruite par Alexandre le Grand… Ça ne vaut pas Carcassonne mais ça mérite quand même quelques photos !

 

 

Avant de passer la frontière à Akhaltsikhé, je cherche à faire un petit détour par Borjomi mais l’embranchement n’est pas facile à trouver. Je tente ma chance dans une station service et demande de l’aide aux locaux… Ceux-ci tentent de me dissuader de passer par là, ce n’est qu’une piste à l’état incertain et ils pensent même qu’elle ne mène nulle part ! Apparemment personne ne passe par là, mais j’irai voir quand même !

Bon ce n’est pas la piste la plus exaltante du voyage… Les environs sont sympas mais le revêtement est un cauchemar, une véritable tôle ondulée qui s’étend à perte de vue ! Un truc à vous filer la tremblote pour toujours, la moto remue dans tous les sens et ça tape vite sur le système… Comme d’habitude il n’y a aucun panneau, et les locaux que je croisent me donnent tous des informations contradictoires… En fait je pense qu’ici personne ne sait comment aller à borjomi !

 

 

 

Et finalement, paumé au milieu de nulle part, un jeune sort d’un champ et vient à ma rencontre avec son smartphone à la main… Dans un anglais « absolutly fluent » il m’indique la direction, Google Maps à l’appui… Mon sauveur ! Ce type est le seul à savoir où il habite, c’est pas possible… Ses indications sont précises et grâce à lui je retrouve mon chemin et la route de Borjomi.

Par chance aussi, la tôle ondulée disparaît et me laisse enfin profiter de la piste…

 

 

 

Arrivé au sommet d’un col je me fais arrêter par un barrage militaire… Gloups… « Passport please, motorbike passport… »

Un contrôle d’identité au milieu de nulle part… J’hallucine ! Qu’est ce que ces types peuvent bien faire là ?! Apparemment pas grand chose, mes papiers ne les intéresse pas vraiment, ils m’ont surtout arrêté pour regarder la moto… Les pauvres doivent s’ennuyer à mourir, en surveillant  une piste que personne n’emprunte…

Je ne pourrai pas photographier la scène, mais par contre le panorama vaut le coup d’œil. De l’autre côté la piste serpente le long de la montagne… Mes derniers kilomètres en tout-terrain vont être un pur régal !

 

Me voilà à Akhaltsikhé, ma dernière étape géorgienne avant la longue et pénible route du retour. Fini le tout-terrain, fini l’aventure et les découvertes… Pour marquer le coup je m’arrête dans un hôtel pour me reposer et profiter d’une télé pour regarder la coupe du monde de rugby. La chambre est trop chère pour moi, je n’ai plus que 20€ en monnaie géorgienne, mais le patron accepte de me faire une remise… Un type super sympa, il passera même la soirée avec moi pour voir le match France-Roumanie !

Le retour est mélancolique, 4500 kms de bitume et de ligne droite pour rentrer à la maison… J’aurai tout donné pour pouvoir rester dans le Caucase mais il faut bien reprendre le boulot !

Il me faudra trois jours pour traverser toute la Turquie, sans trop m’arrêter et survivre à nouveau aux bouchons d’Istanbul… Mais cette fois-ci je ne me fait pas avoir comme un débutant. Il y a 130 kilomètres de bouchons, alors ça sera 130 bornes sur la bande d’arrêt d’urgence… En France on m’aurait pris pour un hooligan, ici ça n’a l’air de choquer personne !

Puis la Bulgarie où je retrouve le froid et les orages des Balkans. Pour éviter de me noyer dans la tempête je tente une variante en passant par la Bosnie, Visegrad, Foca… Puis longer la côte Adriatique croate jusqu’à Zadar, où je retrouve le soleil et une alternative plutôt agréable pour rentrer à la maison… On est pas bien là ?!

 

Pour finir je traverserai la Slovénie, l’Italie et le sud de la France sous un déluge quasi biblique, arrivant chez moi en ressemblant plus à une vieille serpillère dégueulasse qu’à un fier motard rentrant d’une belle aventure… Mais qu’importe, cela ne peut absolument pas gâcher le plaisir de ce voyage dans le Caucase.

1 mois sur la route, 11687 kms parcourus, 7 pays traversés, 7 chutes, des moments magiques, inoubliables, des rencontres improbables… Malgré la distance je n’ai qu’une envie: remonter sur ma moto et y retourner ! Mais il faut bien reprendre le travail… Pour payer le prochain voyage !

4 réflexions au sujet de « Géorgie On My Mind – 4 – Bienvenue chez les Troglodytes »

  1. Cyril Carrez dit :

    Waah absolument génial !

    J’avais traversé la Géorgie en 4*4 il y a longtemps et c’est vrai que le paysage donnait envie d’en voir plus !

    Super trip en tout cas. Ca me donne de plus en plus envie de larguer mon roadster et de  partir à l’aventure 😉

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  2. Bardis dit :

    Merci, simplement, pour ce moment … de voyage.

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  3. Jef dit :

    Un très beau voyage, un excellent récit accompagné de bien belles photos. Un très grand merci pour ce partage. J’ai tout lu d’un trait, scotché. Dis donc, effectivement, tu n’as pas froid aux yeux, chapeau bas !

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  4. Ping : A la découverte du Caucase – 1 – Premier Contact

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