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Les aventures de Tonček en Slovénie – Partie 1

Ce récit de voyage s’adresse tout particulièrement à ceux qui pensent que vivre une aventure dépaysante en moto est compliqué, dangereux, que cela exige de partir longtemps, que ça coûte cher… Bref, que ce n’est accessible qu’à une caste de baroudeurs d’élite. Et bien non, il reste encore des destinations « sauvages » à deux pas de la maison et notamment une : la Slovénie !Déjà ce n’est pas si loin, à peine 900 kms depuis Lyon et 1200 au départ de Paris soit une journée et demi de route pour rejoindre la porte des Balkans. Donc largement réalisable sur un temps assez court, pour ce voyage je n’avais que 10 jours devant moi !

Ensuite aucune complication en Slovénie, la destination ne demande aucun savoir-faire particulier en préparation de road trip et les formalités administratives sont réduites au minimum : une carte d’identité et basta ! Dans l’espace Schengen, il n’y aura aucun contrôle au frontière et vous pourrez payer en euro comme à la maison. Sur place les stations services sont nombreuses tout comme les restaurants, les hôtels, les campings, les magasins… Vous ne serez pas perdu !

Concernant la sécurité, qu’on se le dise, c’est peut-être une des destinations les plus sûre d’Europe avec un taux de délinquance qui frôle le néant et un réseau routier en bon état… Pas de stress…

Enfin, si la Slovénie n’est pas un pays extrêmement « bon marché » il n’empêche que les prix sont globalement plus bas qu’en France. 1€ pour un café, 10€ pour un petit resto, 1,30€/l de sans-plomb… Ce n’est pas l’Arménie mais vous ferez quand même de bonnes économies comparé à l’Europe du nord !

En disant tout ça vous me direz que ça ressemble quand même beaucoup à chez nous, alors est-il possible de s’y sentir dépaysé et d’y vivre une aventure ? La réponse est oui, entre son Histoire, sa culture et sa richesse environnementale la Slovénie a beaucoup à offrir au voyageur. Avec ses forêts primaires, ses grottes, sa faune… Il y a de quoi satisfaire tous les amoureux de la nature !

Pour ma part je me suis lancé dans ce voyage au mois de mai juste après la fonte des neiges, là où la nature se réveille et où les ours sortent de leur hibernation… Ce qui donne envie de bivouaquer !

Si je dois citer un point négatif à un road trip en Slovénie c’est la traversée (incontournable) de l’Italie du Nord… Longue, morne, moche… Mais après avoir serré les dents sur une bonne journée de route on est tout de suite récompensé. Me voila plongé en pleine nature seulement 15 kilomètres après la frontière !

 

 

 

 

Après le vacarme des camions sur l’autoroute j’ai droit à un véritable havre de paix sur les hauteurs de Nova Gorica. Une longue piste qui s’enfonce dans une forêt que l’on pourrait croire enchantée, de belles clairières… Et même un peu de neige ! Si les altitudes sont plutôt faibles en Slovénie, le climat est rude et il peut neiger jusque tard dans le printemps. Une donnée à intégrer au moment de prévoir un voyage sur place !

La piste finit par faire place au bitume, avec tout autant de plaisir car entre le tracé sinueux et les petits villages typiques traversés (Col, Predmeja,…) il y a de quoi occuper le voyageur. L’arrêt au château troglodyte de Predjama, véritable curiosité, parait obligatoire… Même si j’avoue avoir manqué de temps pour visiter sa grotte. Une autre fois peut-être !

 

 

 

 

Une fois à Postojna on comprend aisément que l’économie locale tourne autour du tourisme et des visites des nombreuses grottes (Jama en Slovène). D’ailleurs il y en a tellement qu’il faut faire un choix car on ne peut pas toutes les visiter, cela prend un temps fou et ce serait dommage de ne pas profiter aussi des paysages de la surface.

Pour ma part j’ai choisi la plus connu, celle de Postojna, qui est aussi la plus importante « attraction » touristique du pays. Pour le calme on repassera, les visites s’enchaine à un rythme industriel et des milliers de touristes sont là pour arpenter ses tunnels. Au début cela rebute un peu… Mais l’intérieur de la grotte est d’une beauté à couper le souffle alors on fait avec.

 

 

 

 

Je voulais aussi visiter celle de Skocjan, elle aussi très réputée, mais entre rester enfermé toute la journée et explorer les montagnes environnantes j’ai fait mon choix: j’irai vadrouiller dans la forêt ! Le massif du Nanos est impressionnant par sa « profondeur », sa superficie n’est pourtant pas immense mais on s’y sent perdu et les possibilités de pistes semblent infinies… Il y a largement de quoi y passer l’après-midi à arpenter chaque sous-bois, voir chaque panoramas, chapelles… Et puis la navigation « au panneau de bois » réserve quelques surprises, avec toujours son lot d’incertitudes ! Est ce que je ne tourne pas en rond ? Est ce que que je vais retrouver le chemin du retour ? Autant de questions qui ne nécessitent pas vraiment de réponses quand on prend autant de plaisir à rouler.

 

 

 

Après une bonne nuit de sommeil (ainsi qu’un burger xxl, une laško et un litre de café turc…) je reprends ma route toujours plus à l’est. Ce qui est bien en Slovénie c’est que l’aventure est toujours à portée de roues, pour cela il suffit de quitter le réseau principal pour les petites routes notées en blanc sur la carte et on se retrouve vite au fin fond des bois. Donc pas la peine de télécharger la trace GPS « ultime » sur internet ni de planifier au kilomètre près, tout peut se faire en improvisation car toutes les pistes sont bonnes à suivre !

A la base j’avais prévu de prendre une piste vers le parc national de Mašun, mais comme je ne sais pas suivre un itinéraire j’ai préféré faire confiance à mon intuition et tourner « au hasard » dans la forêt. A force de rouler je me dis que ce sont ces détours non maitrisés qui font que chaque voyage est unique… Et pour éviter de tourner en rond j’ai mis au point une technique infaillible, celle du « une fois à gauche une fois à droite », appliquée à tous les carrefours. Comme ça je ne sais pas plus où je vais mais au moins je suis sûr de ne pas retourner au point de départ !

J’arriverai à rejoindre Grascinski, un petit village de montagne perdu dans le parc de Mašun, mais pas le sommet du mont Sneznik car bloqué par les arbres morts et les congères… Tant pis pour moi, il fallait venir plus tard dans la saison.

 

 

 

 

Il me faudra une bonne matinée pour (malheureusement) m’extraire de ce dédale de pistes, mais comme l’aventure n’est jamais très loin en Slovénie je ne ferai pas plus d’une dizaine de kilomètre avant de retrouver une « gravel road » ! Cette fois-ci en bord de lac, celui de Cerknica qui n’est autre que le plus grand lac intermittent d’Europe. Aujourd’hui il est à son niveau maximum mais il disparaitra quasiment totalement à la fin de l’été, une curiosité locale à voir surtout que la route est très relaxante… Un peu de calme dans ce monde de brutes mécaniques.

 

 

 

 

Puis j’ai pris la direction du sud-est et les forêts primaires de Kočevje, soit disant impénétrables et remplies d’ours mangeurs d’hommes… Mais je ne devais pas être suffisamment appétissant ce jour-là car je n’en ai croisé aucun !

Blague à part ces bois sont un pur régal à explorer, et il est intéressant de noter à quel point la nature est préservée en Slovénie malgré le fait que toutes les pistes forestières sont autorisées à la circulation. Chez nous on interdit tout sur le principe de la protection mais nos forêts paraissent en piteux état comparé à celles des slovènes… Alors je me prends à réfléchir sur l’équation interdiction+répression=protection, et je me dis qu’on fait fausse route en cherchant à couper l’Homme de son écosystème. Cela le désintéresse de l’écologie, le déresponsabilise, et ne permet en rien de le préserver alors que le peuple slovène vit au contact direct de la nature et s’y intéresse beaucoup plus. Chez eux on trouve des ours, des lynx, des aigles, des salamandres… Et ce n’est pas quelques motos dans les bois qui ont l’air de les déranger ! A méditer…

 

 

 

 

Mais j’ai bien cru que je ne sortirai jamais de ses bois, aucun panneau, aucune indication… J’ai tourné en rond pendant un certain temps avant de retrouver mon chemin, en sachant que ce n’était pas du tout le bon endroit pour planter ma tente ! Ce soir je suis hébergé chez une amie à Kocevje et c’est bien mieux que de se faire dévorer par un ours… La suite au prochain épisode !

 

2 réflexions au sujet de « Les aventures de Tonček en Slovénie – Partie 1 »

  1. doche dit :

    Quelle plume ! Bravo pour le texte, les photos…. et l’aventure.

     

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    • xt1200z dit :

      Merci, la suite arrive bientôt !

      Répondre

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